Bonne conscience, mauvaise solution
Ou d'une journée pour rien
Hey ! Hip hip hip ! Aujourd'hui, c'est la journée de la Femme ! Et j'ai comme le sentiment qu'il n'y a que les hommes qui s'en réjouissent ou qui s'en battent les c., c'est au choix.
Je ne sais pas pour vous, mais moi, ça me navre de faire partie d'un genre à qui l'on est obligé de consacrer une journée. Ce n'est jamais bon d'en arriver là. C'est toujours mauvais signe. Soit, parce qu'on n'est plus, tout comme les poilus - dans le genre journée du souvenir, on fait mieux - soit parce qu'on ressemble à un vœu pieux au même titre que la journée sans tabac ou la journée de la paix.
Si la première catégorie est tout aussi flippante que la seconde, attendez de voir la troisième qui est à mes yeux la plus terrible, celle de la minorité. OUI, une minorité ! Alors que les femmes ne représentaient pas moins de 51,4 % de la population française au dernier recensement. Une minorité à protéger qui plus est, tout comme les handicapés ou les nienfants ! Si ce n'est pas charrier ça ?!
Donc, aujourd'hui nous allons assister à de très jolies mises en scènes pour montrer que les femmes sont des hommes comme les autres ; Qu'elles savent tout autant travailler, créer, animer, diriger, gouverner etc. En attendant, ça ne reste qu'une journée, hein. Et nous ne sommes pas parmi les plus mal loties, je vous le rappelle. On a une journée de la Femme, nous, alors que d'autres n'ont que des coups de bâton pendant ce temps.
Moi, j'aimerais bien que la journée qui nous soit consacrée le soit vraiment. Que durant quelques heures, à travers le monde et en toute impunité :
- l'employée puisse harceler moralement ou sexuellement son patron,
- la femme qui taffe, rentre après une dure journée de labeur et se mette
directement les pieds sous la table pendant que son homme couche
les enfants,
- la femme battue retourne la tête de son mari violent,
- les hommes volages soient lapidés par leurs femmes, et j'en passe ...
Et puis tant qu'à faire, une journée n'est pas suffisante pour marquer les esprits. Donnez-nous une année et vous verrez alors qui c'est Raoul, ouais !
Commentaires sur Bonne conscience, mauvaise solution
- Les femmes ne sont pas une minorité quantitative mais elles constituent une minorité qualitative. Il suffit de regarder ce qui se passe dans le monde du travail.
Pour la signification de cette journée, je suis d'accord avec toi : on nous fait l'aumône d'une journée. Alors j'ai juste envie de dire : "allez vous faire voir". Je n'ai pas besoin qu'on m'accorde une journée, je n'ai pas besoin qu'on condescende à me reconnaître comme égale : je suis l'égale des hommes. Il y a même des situations où j'ai plus de couilles qu'eux. - Ce qui est terrible c'est qu'on fasse UNE journée pour la moitié de la population. Au même titre que la journée de la courtoisie (je l'aime bien celle là), ou la journée de la musique (ça par contre on en parle plus que la journée de la femme). Mais bon on se plaint (et on a raison) mais en attendant, ça fait au moins une journée ou tous les médias vont parler de la condition de la femme alors que si il n'y en avait pas, on en parlerait peut être même pas. Alors c'est vrai que moi ça ne me fait ni chaud ni froid, mais il y en a peut être quelques unes pour lesquelles ce sera peut être plus utile...
- Isa Jones, vous ici ! ça me fait plaisir !
Alors d'après ce que tu dis, à ton boulot ils doivent prendre très au sérieux la journée de la Femme... et ça doit être doublement ta fête ! Bon courage. Un jour nous vaincrons !
On est bien d'accord Madame Kévin, les femmes dans notre société doivent généralement jongler avec beaucoup plus de responsabilités que les hommes. Pour autant, même si on pense être leurs égales, l'image que l'on nous rend de nous-mêmes nous indique le contraire. Les qualificatifs pleuvent dès lors que l'on montre un peu de poigne : femme forte, maîtresse femme, dominatrice, mégère ... Les qualités reconnues et respectées chez un homme desservent les femmes la plupart du temps.
Oui Bulles, tu fais bien de souligner que finalement cette journée ne semble pas être faite pour nous qui bon an mal an n'avons pas trop à nous plaindre de notre condition, mais bien pour celles qui vivent sous le joug des hommes, sous leurs lois misogynes, leur violence, leur mépris, leur obscurantisme. Ce serait bien d'organiser dans le cadre de cette journée, une minute de silence pour toutes celles qui n'ont que le droit de se la fermer. Enfin, silence ou pas, ça reste du bla bla, hein.
France, j'adore les journées qui ne servent vraiment à rien, comme effectivement la journée de la courtoisie, la journée de l'Europe, la journée sans-tabac, j'en passe et des meilleures ! Mais quant à la journée qui nous est consacrée, tu as raison de souligner que cela permet de parler un peu des femmes qui souffrent à travers le monde. Dommage que généralement le fruit de la réflexion n'arrive pas jusqu'à elles.
Eve je t'adore et j'adore le cuistot de votre cantoche ! Faudra songer à en faire un ragoût de celui-là un de ces quatre ! N'empêche que pour fêter ça un p'tit régime de derrière les fagots, ça peut se tenter. Certaines sont partantes pour une grève de la faim ?
Flou, tu as tout compris à cette journée ! Pour ma part le Père Minos (qui ne manque pas d'humour...)considérant les tâches ménagères qu'il avait à exécuter ce jour m'a dit :"vu que tu ne fous rien d'habitude et que c'est aujourd'hui la journée de la Femme, tu vas bosser un peu pour fêter ça, feignasse.". J'ai ri et il s'est mis à courir très vite !
Sympa comme tradition L'Armadio ! Le mimosa est une fleur très parfumée si je ne m'abuse ? C'est plutôt charmant d'en offrir, mais en attendant ça ne permettrait pas un peu aux hommes de fuir à nouveau le débat ? - Je suis d'accord avec ce que tu dis sur les qualificatifs : pas facile de faire preuve d'autorité quand on est une femme. (Même si certains hommes adorent ça, mais bon, je ne développerai pas, c'est un autre sujet...)
C'est compliqué d'exprimer mon idée par écrit. Pour essayer de faire simple (et forcément simpliste) je dirais qu'à un moment il faut (faudrait) réussir à être indifférentes aux stéréotypes qui nous sont renvoyés (dominatrices, etc.). Le niveau ultime de l'égalité est là : dans les mentalités, les représentations, les structures mentales des hommes ET des femmes. Et dans la prise de distance, par conséquent. Désolée : j'ai conscience que mon argumentation est brouillonne. - Ah cool un post sur la journée de la femme! Ca me hérisse, cette journée, c'est comme si on faisait une journée pour les chiens, je sais pas, je trouve vraiment que ça stigmatise encore plus la "minorité" oppressée, enfin en tous cas dans nos sociétés, si on nous considérait l'égal des mecs on en parlerait différemment et on nous bassinerait pas avec ce genre de mievrerie. Maintenant peut être, sans doute même, dans des pays où les femmes n'ont pas la meme liberté que chez nous, ce genre de journée peut aider à mobiliser, mais j'en doute. Suis pas sûre que pour une nana qui vit sous une burka la journée de la femme soit plus rose.
A la limite, c'est presque comme la galanterie, je trouve, c'est une manière de t'endormir en te laissant croire que tu jouis d'une place privilégiée, alors que c'est pour mieux t'écraser quand tu as le dos tourné. L'autre jour, au bureau, en réunion, un mec fait une blague salace sur les nichons de je sais plus quelle nana connue. Le grand chef s'offusque et dit "On ne dit pas ça devant une femme" (j'étais la seule nana). Alors bon 1) peut etre il dit ça parce que dans le cadre de l'entreprise on ne dit pas ce genre de choses devant une femme qui, sait on jamais, pourrait te carrer un procès 2) mais pour moi qui suis pas la dernière cliente de ce genre de blagues graveleuses (prout sous les aisselles), je l'ai vraiment pris comme une le signe d'une inégalité, alors que je me demande bien pourquoi on ne rigolerait pas des mêmes choses, vu que moi aussi j'en ai des nichons (bon ok, pas des masses). - Non, Madame Kévin, tu es très claire et je partage ton idée. Pour ma part, j'ai toujours été élevée, éduquée, formée, dans l'idée que je valais autant qu'un homme. En fait, d'aussi loin que je me souvienne, que ce soit de la part de mes parents, mes enseignants, mes collègues il n'y a jamais eu même l'idée de cette "jauge", ou en tout cas, c'était fait si subtilement que je ne me suis aperçue de rien ! L'image de la Femme que je déplore c'est celle que la "société" tente de véhiculer. Mais qui est cette société ? Alors là mystère, je ne l'ai jamais rencontrée, j'en ai juste eu les échos par voie de presse et d'initiative telles que cette journée.
Prendre de la distance effectivement semble être la meilleure solution. Laisser les commentaires et la condescendance derrière et avancer, pourquoi pas ? Mais laisser faire et dire, n'est-ce pas pour finir consentir ?
Foxy, la galanterie dont tu parles s'apparente clairement à de la connerie. Inversons la scène de la blague de tes collègues. Envisageons que dans cette réunion, il n'y ait qu'un homme parmi des femmes et que ces dernières fassent une bonne grosse blague "prout sous les aisselles" comme tu le dis si bien à propos de la bite d'un mec connu. Ben moi, j'aurais bien aimé voir sa tête à ce type...













Sinon ce 8 mars pour moi n'est qu'un jour de plus sur le calendrier... Et je suis d'accord avec toi : si on a une fête rien que pour nous, c'est pas bon signe du tout, ça veut dire que ça n'évolue pas beaucoup !
Je ne vais pas au travail en me disant "tiens aujourd'hui c'est MA journée, je vais avoir plein de petites attentions !"... Oulala non non non ! D'autant plus que je travaille dans un univers quasi masculin ou la gent féminine est une denrée rare ce qui rend les blagues misogynes d'autant plus lourdingues... Du coup j'ai développé un sens de la répartie aiguisée pour leur couper l'herbe sous le pieds ou bien je les ignore au choix !
Bonne journée La Mère Minos