Ou comment je me fais avoir à tous les coups.

Dustin_HoffmanJe m'étais bien jurée de ne pas regarder la 34ème cérémonie des César cette année, me disant qu'à chaque fois c'est la même chose : tout le monde il est beau, il est bien habillé, il est gentil aussi. Ça sourit à tout va, ça verse quelques larmes, ça laisse penser que c'est sincère, mais ça joue là encore. Mais comme je voulais embêter le Minos en chef qui voulait regarder le rugby sur l'autre chaîne, et que je paye un abonnement à Canal +, j'ai zappé, histoire de voir où allait mon argent.

Ça commençait mal, c'était comme d'habitude, un peu trop guindé. On se la jouait à l'américaine, tapis rouges, flashs des photographes, pauses des invités, interviews pour ne rien dire, visages fermés (spéciale dédicace aux plans super serrés sur le visage de Monica Bellucci à qui on en voulait personnellement). On veut dire César, mais on prononce Oscar. Tiens, une Charlotte Gainsbourg présidente, mignonne comme un coeur. Une diva larmoyante, un Dany Boon qui tente de se racheter une conduite, une Julie Férrier limite border-line faisant rire la salle alors que l'on parle de précarité... bref,des effets sans effets. On joue à guichet fermé pour les invités du premier rang. Comme d'hab' quoi !

Et puis tout d'un coup, on monte en puissance : Une jolie Julie (Depardieu) saluant la mémoire de son frère, Une Florence (Foresti) au top de sa forme, une Carole Bouquet de plus en plus surprenante,... un Dustin Hoffman recevant son César d'honneur des mains d'une Emma Thompson qui en fait trop (mais en français).
Dustin Hoffman, celui du Lauréat, de Little Big Man, de Kramer vs Kramer, celui de Tootsie aussi. Que de souvenirs en le voyant ému, derrière un sourire toujours aussi juvénile, malgré ses 70 ans. Rhhhaaaa Dustin Hoffman, en France, à Paris, pas loin de chez moi ! Dustiiiiiiin ! Ça y est je réalise l'énormité surtout qu'à côté de lui, il y a Sean Penn : "Mr Oscar du meilleur acteur 2009", le Président du Jury du Festival de Cannes 2008. Celui-là même que les gamins de Entre les murs, vivants, touchants, invitent à remplacer l'affreux Sarko. La rétrospective des disparus de l'année : Mr Claude Berri, Guillaume Depardieu et tous ces seconds couteaux dont on ne se souvient pas les noms mais qui font partie de nos souvenirs cinématographiques. "Merde, il est mort lui. Oh, non...". La simplicité de Yolande Moreau devant son second César de la meilleure actrice, superbe ambassadrice pour sa région. L'émotion de Vincent Cassel recevant son César du meilleur acteur et surtout, surtout, les images qu'il demande de projeter : une danse effrénée de son père dans le Farceur. Ce soir, il est avec lui, il est avec nous.

Ça y est, j'ai les larmes aux yeux. Pourtant, je m'étais promis de ne pas pleurer. C'est l'émotion, vous comprenez. Je reprends mes esprits. Je remercie tous ces professionnels de la profession d'avoir été présents ce soir et de tant nous donner.

Et comme je suis fan de Dustin, du Lauréat et que j'aime ma maman qui aime Simon & Garfunkel, je vous laisse deviner ce qu'il y a là-dessous...